samedi 31 octobre 2009

Aldo Manuzio toujours...

On ne peut que s'associer à Antoine Gallimard pour fustiger ceux qui se serviraient aujourd'hui d'Alde Manucce pour vendre à grand prix une triste révolution numérique.
Aldo Manuzio, professeur de grec et soucieux que ses élèves aient des livres, s'est justement lancé en 1480 dans la bataille pour pallier à la médiocrité des imprimeurs d'alors, obnubilés par ce marché prometteur de l'imprimerie de masse, comme on voit aujourd'hui fleurir des plates-formes, readers et autres ebooks, pour la plupart peu commodes, sans caractère innovant, et pas très attirants. Mais en 1501, c'était réglé, le livre moderne était né. On connait la suite.
Nous en sommes un peu là. L'encre électronique communicante, la réalité augmentée, et l'iPhone/tablette auraient enthousiasmé Aldo et ses acolytes, Musurus, Erasme, Mantegna, Dürer, sans parler de ses meilleures lectrices, Isabelle d'Este et Lucrèce Borgia. Quelle alchimie d'outils et de contenus auraient-ils inventée, quel modèle de diffusion auraient imaginé ceux qui à l'époque étaient à la fois éditeurs, imprimeurs, libraires, créateurs d'encres, de typographies et d'objets?
Tout cela est à expérimenter et mettre au point par les acteurs de la chaine du livre eux-mêmes.

6 commentaires:

F a dit…

mais qu'est-ce que tu lui avais fait pour mériter un tel anathème, à toi seul réservé ?

Bruno Rives a dit…

Non, ce n'était pas pour moi, il m'arrive de déjeuner avec Antoine Gallimard. Il aurait cité Aldo et non Alde:-)

Aldus a dit…

Tu es gentil mon cher Bruno de me refiler la patate chaude... Désolé mais l'expert, c'est pas moi et je ne monétise pas mes petits billets au prix fort!

Bruno Rives a dit…

@ Aldus
Bien que tu me cites expressément sur ton blog, je suis assez loin de ces débats, pour tout te dire. Je n'aurais même pas pensé t'associer au discours d'Antoine Gallimard. Je lui demanderai à l'occasion à qui il faisait référence, mais ce devait être un peu à tous les vendeurs de soupe numérique, j'imagine.

J.-W. B a dit…

vons pas à culpalbiliserJ'avais lu le billet d'Hervé ce matin tôt et avais réagi aussitôt (avant toi !) à propos d'Alde/Ado et j'ai écris ce que tu dévoiles ici, et je suis de ton avis... sans vouloir attiser les moindres braises, nous sommes tous dans le même camp et sur la même logique : le numérique est un apport sans pareil pour sauver l'édition, la littérature, l'écrit).

Ce sont ceux qui regimbent aujourd'hui, faute d'avoir eu la vision de ce qui arrive, qui tentent de faire porter le chapeau à ceux qui luttent pour une reconnaissance des droits d'auteur.

Ne nous laissons pas déstabiliser par ces "remontrances". Nous n'avons à nous sentir coupables de quoi que ce soit.

Vous êtes tous deux des incontournables, modestes, de l'immense travail que vous faites sur l'avenir, vous êtes au virage d'une nouvelle civilisation, celle du don et du partage.

Il est important de le souligner, de le rappeler.

Ces ires ne sont à l'avantage d'un grand éditeur, aussi prestigieux soit-il et rien ne l'autorise à un jugement excessif. Que les éditeurs nous façonnent une plate-forme commune et qu'il s'intéresse à bien rémunérer les auteurs tout en assurant une diffusion des ouvrages numériques à un coût qui soit en phase avec les attentes des consommateurs.

Après, on pourra faire le bilan... reporter sur d'autres la responsabilité sur ce que l'on m'a pas su faire est un peu cavalier, pour le moins.

Aldus a dit…

La référence à Alde est bien trop éloigné d'un lecteur lambda!