mercredi 31 décembre 2008

2009, l'année du basculement

L'encre et le papier électroniques sont devenus une réalité industrielle dans les plus grands groupes mondiaux, fabricants de composants, papetiers, imprimeurs. Les brevets abondent, les usines se montent pour répondre aux enjeux colossaux du remplacement de l'imprimé, et de l'électronique économique, écologique, ambiante.
Les Japonais ont identifié en cinq années d'expérimentation des dizaines d'usages: très petit affichage habituellement limité au prix, signalétique, informations et publicité sur les lieux de passage et de vente, pour ne citer que les principaux. La Chine se concentre sur les manuels scolaires avec un objectif zéro papier classique dans les écoles et universités en 2012. L'Europe et les Etats-Unis se sont attaqués aux applications les plus délicates, la presse et le livre. Les premiers dispositifs sont chers, peu attractifs, et leurs modèles éditoriaux et économiques sont beaucoup plus complexes que ceux de leurs concurrents directs, les mobiles de dernière génération, les ultra portables, et les consoles de poche. Néanmoins, le cap du million de readers a été passé en 2008, c'est un signe fort dans le marché de l'électronique, et les perspectives sont passionnantes.
La baisse du prix des substrats, la disponibilité de plates-formes innovantes communicantes, et l'arrivée des supports flexibles et de la couleur vont accélérer les choses. 2009 sera sans conteste l'année du basculement dans bon nombre de marchés de l'encre électronique.

lundi 29 décembre 2008

Orange, Read & Go, et le papier électronique

Lors d'une série de conférences professionnelles organisées par Gutenberg on Line, plate-forme d'impression de catalogues sur papier classique pour la grande distribution, Orange a confirmé le lancement mi-2009 de plusieurs dispositifs à base d'encre électronique sous la marque Read & Go. Après une phase d'expérimentation, l'opérateur projette donc d'installer ce nouveau média comme support d'information presse, de lecture et de communication publicitaire, au même titre que le mobile, le netbook, le web et l'iPhone (pourtant plate-forme émergente dans ces marchés).
(Illustration retouchée)

mercredi 24 décembre 2008

ScrollMotion pour l'iPhone - Les nouvelles approches de l'édition électronique

ScrollMotion annonce sa plate-forme de diffusion et de consultation de livres électroniques pour l'iPhone.
Ce qui paraît très intéressant est le respect de la matérialité des contenus et de la mise en page diversifiée des ouvrages, ainsi que le modèle "un contenu, une application", indispensable pour coller au plus près d'iTunes et ses facilités de transactions techniques, financières et marketing. Simon & Schuster, Random House et Penguin ne s'y trompent pas en leur confiant leurs éditions.
Comme Classics, la bande dessinée d'Angoulême, Le Monde et bien d'autres, ScrollMotion pose les bases des nouvelles approches en matière d'édition électronique.

lundi 22 décembre 2008

Génération automatique de contenus - Tabbloid, par Hewlett-Packard

En parallèle du développement de dispositifs de consultation (prototype de reader en 2007, aujourd'hui un substrat souple couleur), Hewlett-Packard s'intéresse de près à la création de contenus.
Voici Tabbloid, un service qui permet de générer automatiquement une édition personnalisée à partir de tout type de flux RSS, et de l'envoyer à intervalle régulier. Nul doute que les possibilités de mise en page et de formats (pour l'instant PDF) vont s'enrichir, mais c'est déjà surprenant. Les compositions intègrent les illustrations et gèrent le multi-colonne.
Il reste que cette présentation uniforme de la presse, des blogs et des livres commence à être décriée par les utilisateurs de Kindle. Et ce n’est qu’un début, les dernières publications enrichies sur iPhone et papier électronique vont amplifier le mouvement.
(L'illustration provient de la mise en page automatique par Tabbloid du blog de François Bon, Tiers Livre)

samedi 20 décembre 2008

Le prix du livre en question(s)

La Bible de Gutenberg coûtait 30 florins, trois années de travail d'un employé de l'époque, mais c'était sans comparaison avec le prix de sa version manuscrite. Le livre moderne d'Aldo Manuzio, qui provoqua l'explosion du marché, était vendu en moyenne 2 ducas, soit un peu moins d'un mois de salaire d'un ouvrier vénitien, l'édition étant souvent cofinancée par un mécène. Aujourd'hui, un ouvrage courant est à 20 euros à sa première sortie papier, 9 sur le Kindle, soit une heure de SMIC, et offert quand une marque est dans la boucle. Tandis que certains imaginent le livre électronique gratuit, mais on peut se demander pourquoi, d'autres voient son prix augmenter de nouveau, en partie soutenu ou non par les marques. Un livre enrichi sur iPhone ou Nintendo DS est vendu de 20 à 70 euros.

Histoire du livre, en quête d'indices...

Connaître le passé pour comprendre la révolution du livre qui s'annonce. En quête d'indices...

vendredi 19 décembre 2008

Reader à 163 euros

La tendance au reader à 100 euros s'accélère. Aujourd'hui, c'est Foxit Software, une société de développement logiciel, de lancer le sien, eSlick, aux Etats-Unis. 229 dollars prix de lancement (259 par la suite), soit 163 euros.
C'est le modèle de base de PVI/Netronix, la coque et le bouton de navigation sont minimum, mais la très bonne gestion du PDF est avec le prix une avancée très intéressante.

vendredi 12 décembre 2008

Andrea Mantegna au Louvre jusqu'au 5 janvier

Andrea Mantegna est une source d'inspiration pour toute réflexion sur le livre électronique. Avant le 5 janvier, il faut faire un tour à l’exposition qui lui est consacrée au Louvre. Comme la présentation ne le mentionne pas, cet artiste (au sens philosophique), a joué un rôle crucial pour le développement du livre en soulignant l’importance de la typographie jusque dans ses œuvres. Il est l’un des pères de la mise en page moderne, avec ses notions de marges, de compositions conçues pour faire entrer le spectateur, le lecteur, dans l’ouvrage (voir son Saint-Sébastien).
A l’entrée de l’exposition, comme un sas, un seul élément visuel, le nom “Mantegna” en caractères géants sur un fond coordonné, semble une preuve de cet engagement. Sur le site du Typographe, un commentaire nous apprend que Matthew Carter a créé son Mantinia en son hommage, vers 1992.
Mantegna est tombé en disgrâce à la fin de sa vie, les Grands lui préfèrant Raphaël ou Michel-Ange. Le monde aura oublié son immense contribution au livre, comme celle d'Isabelle et de Béatrice d'Este, représentées dans des oeuvres de l'exposition, et de la troisième de ce groupe de féministes avant l'heure, Lucrèce Borgia.

mercredi 10 décembre 2008

Penguin 2.0

Penguin 2.0, c'est la nouvelle approche tout support par l'un des plus grands éditeurs de langue anglaise: Une application iPhone, pour accéder aux nouveautés, à des extraits à découvrir; une offre d'ouvrages électroniques enrichis (biographies, compléments, notes, etc.); sans oublier le papier, avec la possibilité d'intégrer un message personnel dans une édition classique. Bel exemple d'avancée dans l'intégration du numérique.

Hewlett-Packard, le papier électronique dans les marchés de l'écran

Après la majorité des groupes japonais du secteur, Hewlett-Packard et l'université de l'état de l'Arizona ont démontré un support flexible basé sur l'encre Vizplex d'E Ink et le substrat de DuPont Teijin Films, sur un brevet de HP. Quelques avantages: 90% de composants en moins par rapport à un écran classique, production en rouleau pour des coûts de production moindres et des tailles diverses, technologie bi-stable, lisibilité et basse consommation.

mardi 2 décembre 2008

HarperCollins et la Nintendo DS

La Nintendo DS est une plate-forme très intéressante. Elle intègre des possibilités éditoriales, des fonctions et des capteurs que tout auteur rêve d'avoir. Le lecteur dispose d'un écran passif comme une page de livre, d'un autre interactif pour choisir des options, rechercher des compléments d'information, ou saisir des données. Le mode communicant et partage est instinctif, un enfant de 4 ans se débrouille avec. Les modes d'interaction sont multiples: clavier, écriture, clic, capteurs de souffle, caméra, etc.
Les formats sont d'une extrême richesse (rien à voir avec les formats de simple consultation ou d'impression), et les modèles de distribution garantissent protection et rémunération pour l'éditeur (pas de discussion sur les DRMs ingérables sur PC mais là tranparents). Manque le confort de lecture du papier traditionnel ou électronique, mais comme sur l'iPhone, des précédents ergonomiques, éditoriaux et économiques se créent.
Ainsi, à l'instar des 100 joyaux de la littérature japonaise, sortis il y a quelques mois, et de nombreux titres déjà disponibles, HarperCollins lance en Angleterre la "100 Classic Book Collection" sur Nintendo DS.