Apple ne peut que jouer un rôle crucial dans le développement du livre électronique de nouvelle génération. Les premiers Macintosh, avec un petit écran en teinte de gris ne nécessitant aucune accommodation des yeux par rapport au papier, affichant pour la première fois sur ordinateur des caractères lissés noirs sur fond blanc, et proposant des applications spécialement conçues pour les auteurs, comme Hypercard, ont été les machines de prédilection du monde de l'édition. Il suffit pour se le rappeler d'ouvrir le somptueux "Livre des polices".L'évolution vers des ordinateurs plus complets et complexes a peut-être freiné le développement d'un marché de masse du livre électronique, mais ce n'était que temporaire. Le succès foudroyant de l'iPhone le démontre: des centaines de millions de contenus diffusés depuis quelques semaines et aussi divers que Le Monde à composition adaptée, un manuel interactif d'anatomie prodigieux, ou un cours de SVT mis au point par le professeur lui-même. Le Macbook Air, quant à lui, préfigure ce que sera l'encyclopédie du futur.
Quelle est la place des dispositifs à base d'encres électroniques?
Pour de nombreuses raisons physiologiques (la lecture dense n'est possible que sur papier, bien que le cerveau soit plus mis à contribution pendant une navigation Internet), énergétiques, écologiques, économiques (un Macbook Air coute 1700 euros), l'imprimé reste largement plébiscité. L'encre électronique lui apporte des caractéristiques uniques en le rendant réinscriptible, communicant, résistant, intelligent et personnalisable, de haute définition, avec des tailles de quelques millimètres à des mètres carrés.
Ainsi, les ingénieurs taïwanais et américains nous ayant démontré que toute l'électronique mobile deviendra à terme semi-flexible, il y aura d'un coté des dispositifs hybrides comme ceux d'Apple ou de Nintendo, et de l'autre de nouveaux objets de lecture et d'écriture très divers à base d'encres électroniques et de substrats variés.
Quel avenir alors pour les lecteurs génériques de livres électroniques, tel le Sony Reader? Nous en débattrons le le 14 novembre prochain aux Rencontres Tebaldo.



Le mouvement vers la dématérialisation des contenus imprimés s'accélère: Esquire du groupe Hearst, le premier magazine à intégrer de l'encre électronique, Sony PRS 700 un e-reader de troisième génération, les accords FNAC/Hachette/Sony et l'approche de Gallimard en librairie, Ganaxa GeR2 communicant chez SFR, qui expérimente comme Orange des kiosques globaux; mais aussi l'iPhone, Androïd de Google, les mobiles japonais et la Nintendo DSi, qui viennent bousculer la donne avec des titres presse et livres adaptés aux caractéristiques de ces dispositifs communicants qui tiennent dans la poche. Et l'affichage n'est pas en reste, avec des encres et papiers couleurs. Le 14 novembre prochain à Paris, les 11èmes Rencontres Tebaldo permettront de faire le point sur tout cela: stratégies et enjeux; état de l'art et usages; retour d'expérience; positionnement des offres; modèles technologiques, économiques, éditoriaux; projections; projets en cours. 

