samedi 26 janvier 2008

Encre électronique et évolution de l'écriture

WatchA l'occasion de la troisième et passionnante Bouquinosphère, le 18 janvier dernier à Paris, lors du débat "Ecrire avec l'Internet", il est apparu que l'encre électronique peut permettre d'étudier cette question essentielle de l'évolution de l'écriture sur les nouveaux supports reinscriptibles et interactifs.
L'auteur continuera-t-il à respecter les codes classiques, notions de page, de discours, de continuité, de construction pré établie, en intégrant à sa seule discrétion les possibilités qu'apporte le traitement numérique des contenus, ou ira-t-il vers le tout lien et le tout base de données, avec des références actualisées en permanence?
La tendance sur le livre électronique est à l'exploitation des possibilités du média, contenus à plusieurs niveaux de lecture, entrées multiples, accès à des contributions externes, voire à la disparition de la notion de page au profit de blocs pré organisés ou assemblés par le lecteur. Mais avec une approche toujours contrôlée par l'émetteur.
L'Internet bouleverse les choses. Des clés multiples vers des contributions, des auteurs, et des contenus changeants, et des bifurcations permanentes choisies par le lecteur.
D'un coté une écriture contrainte héritée du support classique, de l'autre des modes d'expression extrêmement divers sur un média qui, n'autorisant pas la lecture analogue au papier classique, ne peut en proposer les règles.
Les premiers livres sur dispositifs à base d'encre électronique donneront le ton, mais en plus de s'adapter à ce nouveau média, l'écriture devra se libérer des normes et contraintes techniques, économiques, et marketing du livre classique.

vendredi 25 janvier 2008

e-paper enroulable - Le Raedius 3G de Polymer Vision

Le sujet redevenant d'actualité, avec la mise en production du Raedius (anciennement "cellular reader"), de Polymer Vision, et l'annonce de sa sortie mi-2008, voici une vidéo du dispositif, prise en février 2007 par Jean-Jacques Damlamian.
Depuis, nous l'avons eu entre les mains pour évaluer le confort de lecture qu'il procure et sa plate-forme de production/diffusion.

jeudi 17 janvier 2008

L'Alchimie du livre en question

DurerSi l'encre électronique communicante arrive bel et bien à maturité, ses possibilités sont loin d'être exploitées par les plate-formes et e-readers génériques que l'on trouve aujourd'hui sur le marché. Pire, la qualité d'exécution des contenus qu'ils autorisent est rarement à l'égal de celle sur papier, les dispositifs sont souvent mal commodes. Le plaisir du livre n'est pas au rendez-vous.
Notre expérience de ces trois dernières années le démontre: le lecteur préfère généralement rester ou revient inévitablement au support papier, ou bien il se tourne vers une autre forme de consommation des contenus sur téléphone mobile, console ou PC.
Mais il suffit que la plate-forme réponde parfaitement aux contraintes classiques de l'édition et puisse supporter les idées créatives favorisées par l'encre électronique, avec des dispositifs de lecture physiologiquement attractifs et adaptables aux contenus, lectorat ou à l'usage visé, pour que naissent des formes et projets de livres que ni le papier classique, ni les ordinateurs ou téléphones ne permettent d'envisager.
Ce n'est pas simple, c'est même extrêmement complexe. C'est toute l'alchimie du livre.

vendredi 11 janvier 2008

Plates-formes et readers, entre théorie et réalité

words_gearEn terme de readers, les comparaisons tournent toujours autour de considérations techniques: formats supportés, mémoire, etc., laissant penser que le lecteur dispose de facto d'un environnement correct d'achat, de production et de consultation du livre, du journal ou des magazines. La réalité est toute autre.

Amazon nous rappelle avec le Kindle qu'il y a bien d'autres considérations, comme le service de préparation/diffusion instantané, ou le nombre d'ouvrages réellement disponibles à l'achat ou au téléchargement (la librairie des Echos est limitée, elle est pourtant d'origine Mobipocket. Quid de celle du Cybook de Bookeen? La plate-forme GPP de Ganaxa gère des contenus pointus, mais sur mesure ou libres de droit spécialement préparés. Nuut supporte uniquement des formats utilisés en Corée, StareRead et Jinke ont les leurs, propriétaires, etc.).

Concernant la consultation, peu de plates-formes permettent de gérer correctement les bases même du livre (ligature, césure, approches variables, interactivité compatible avec la lecture profonde). Par exemple, le marché réclame le zoom sur le texte, mais il ne supporte pas à raison les mauvais espacements entre les mots ou la perte de la justification qu'il provoque.

Les besoins en terme de prise de notes sont très différents pour des applications professionnelles, enseignement supérieur ou scolaires. Ils n'ont même rien à voir d'une spécialité à l'autre. L'Iliad d'Irex ou le V9 de Jinke sont peut-être adaptés pour certaines, mais pas pour d'autres.

Quant au PDF, tous les fournisseurs disent le supporter, aujourd'hui ou à terme, mais son exploitation est très inconfortable, voire impossible, sur la plupart des petits readers. Il ne sera véritablement utile que sur des grands formats (Epson, LG Philips,...) ou sous l'implémentation Digital Editions du PRS 505 de Sony.

Si l'encre électronique est très proche des techniques classiques, ce n'est pas toujours le cas du papier et de ses traitements.

jeudi 10 janvier 2008

Livres Hebdo: e-paper, Les Echos, Hachette et Kindle

watchGrande affluence aujourd'hui (250 professionnels du livre) à l'invitation de Livres Hebdo pour une matinée consacrée aux dispositifs à base d'encre électronique. Démonstrations de l'Iliad, du Cybook de Bookeen, du GeR2 de Ganaxa, du PRS505 de Sony, et présentation théorique rapide du service Kindle d'Amazon et de l'état de l'art des technologies et de leurs enjeux.
Une deuxième partie était consacrée aux usages, avec Hachette, Les Echos, Nathan et Flammarion. Beaucoup de discussions sur la place des éditeurs, des auteurs et des libraires, sur les DRMs et le prix du livre électronique, préoccupations légitimes mais sans trop de réponses pour l'instant.
Quelques chiffres: Le quotidien Les Echos aurait signé un millier d'abonnés e-paper depuis septembre 2007, Hachette aurait vendu aux Etats-Unis 300 versions Kindle d'un roman diffusé à 1,2 million d'exemplaires en version papier classique dans la même période. Ce n'est pas beaucoup, mais si on le rapporte au nombre de Kindles diffusés dans cette première vague (sans doute de l'ordre de la vingtaine ou la cinquantaine de milliers), c'est un début. Cela montre surtout qu'Amazon, avec son service intégré de production et de diffusion en technologie de téléphonie mobile, gratuite pour le lecteur, a intéressé d'emblée les plus grands éditeurs.
Beaucoup de rencontres fort instructives, matinée passionnante pour une bonne prise de conscience que 2008 est l'année d'un premier basculement.