samedi 28 avril 2007

Impressions d'Europe et encre électronique

watchDiscussions animées hier à Nantes, à l'occasion d'une conférence publique sur le futur du livre, organisée par Impressions d'Europe. Etaient présents sur l'estrade, autour d'un journaliste animateur/modérateur, un libraire, deux éditeurs, et moi-même.
En introduction, une projection du film d'Alain Resnais, Toute la Mémoire du Monde, sur le fonctionnement de la Bibliothèque Nationale en 1956 nous a plongé dans cette période un peu nostalgique où le livre était roi, mais où les maladies terrifiantes, dues au plomb, devait encore exister, où le typographe était devenu un robot (environ 1350 signes à l’heure sans compter le rangement des lettres), et où l'industrie du livre accélérait cette industrialisation forcenée qui limite la création et conduit 50% des productions à aller directement à la poubelle.
Le spectre du ratage du faux e-book des années 2000, promu alors par des autoproclamés technologues, a ressurgi pour la nième fois chez certains anciens, heureusement pas tous, alors que les étudiants, venus nombreux, et quelques grands adultes, ont été fascinés (émerveillés) par l'encre électronique (accéder à plus d'information, réagir sur les contenus, écouter des voix ou des sons, etc.). Ils ont raison, c'est pour eux que le livre transportable a été inventé en 1501, faisant fi des oppositions de ceux qui, pour de bonnes ou mauvaises raisons, condamnaient l'imprimerie (mais n'avaient pas vu la nouvelle, à l'instar de nombreux détracteurs du papier électronique).
J'ai pris position contre le scan systématique de Google (pas assez réfléchi, sans ces clefs indispensables de la connaissance qui permettent de comprendre comment et quoi rechercher, sans identification et intégration des éléments effacés ou des traces révélées aux rayons X, ce que font les Japonais, ou encore sans ces balises utiles pour les nouveaux supports numériques). Ce n'est pas la priorité. Il y a tant à publier: l'essentiel du passé, bien sélectionné et adapté aux nouveaux supports, mais surtout, de nouveaux contenus qui n'attendent que cela et que le papier traditionnel et ses circuits d'édition et de distribution ne permettent pas d'éditer.
Il s'est beaucoup discuté de Google, cette fois-ci louée, et d'Amazon, décriée. Attendons seulement que Google ait une alerte sur ses résultats ou une nouvelle stratégie et ne décide de changer les règles, obligeant ses partenaires à publier sans rémunération (YouTube), mettre un peu plus de publicité, ou sinon gardant "malgré elle" clients et valeur ajoutée. Car, plus que son contenu, c'est bientôt l'historique du livre qui en fera sa valeur.
J'ai aussi donné mon opinion sur le passage à l'identique, voire moins bien, des contenus en livre électronique. Cela a peu d'intérêt, sauf pour le livre "besoin", ou dans les régions du monde qui craignent l'humidité, qui n'ont pas assez de papier pour leur nombre de lecteurs croissant, ou qui veulent reboiser, bien entendu.
Quant à savoir si le nouveau livre détrônera le livre papier classique, c'était le grand débat. Mais un faux débat. Comme si on discutait de savoir si le livre papier a détrôné la gravure dans le marbre, ou la peinture. Nous le savons, ce nouveau support permettra surtout de publier autre chose, autrement.
Le plus passionnant a été l'intervention de Stavros Petsopoulos, éditeur, avec qui j'avais discuté du sujet lors du déjeuner, et qui a rappelé que le grec ancien était une langue dont on se saura sans doute jamais quelle était sa mélodie. Le papier électronique est à considérer, ne serait-ce que sur ce plan, puisqu'il transporte aussi l'audio. Il a incité aussi à plus d'ouverture, face à ces nouveaux enjeux.
Le temps a manqué pour parler des auteurs, qui voient dans ce nouveau support un intérêt phénoménal, et qui pourraient bientôt être séduits par les éditeurs et libraires de nouvelle génération.
En attendant, l'encre électronique bi stable est vraiment magique, et les papiers qui l'intègrent sont de plus en plus incroyables. On devrait bien pouvoir en faire un nouvel espèce de livre, non?
Merci à Impressions d'Europe.

samedi 21 avril 2007

Seiko et la magie de l'encre électronique

watchLe deuxième bracelet montre e-paper de Seiko proposera à ses heureuses et heureux propriétaires, en plus d'une composition classique, le mode "Mystery": une magnifique création originale sera affichée à la volée.

mardi 3 avril 2007

e-paper ou enchiridion, le débat est ouvert...

watchBon nombre de nos interlocuteurs nous pressent, et quelquefois avec passion, d'abandonner les dénominations "e-book", "e-paper", "reader" ou "e-reader", ou encore "e-library" des Chinois, pour des termes à racine française (grecque ou latine, pour une classification universelle).
A la Renaissance, lors du développement du livre transportable, le mot alors repris du grec "enchiridion", ou "livre de main", a vite été délaissé pour le classique "livre". Mais la question est beaucoup plus complexe aujourd'hui: les fonctions et les formes de ce nouveau support et de ses contenus sont autrement plus diverses que celles de son prédécesseur.
Peut-on alors seulement trouver un mot?
Le débat est ouvert. Vous pouvez contribuer, critiquer, par commentaire ou mail à "rives at tebaldo.com". Si vous ne souhaitez pas signer, nous respecterons votre choix, mais si votre ou vos termes deviennent des références, vous n'aurez pas l'honneur suprême d'en être reconnu l'auteur, peut-être pour des siècles! A vous de voir.